“Toute huile peut être transformée en savon”.
Cette phrase anodine cache en réalité un super pouvoir.
“Toute huile ? Même.. l’huile de friture ?”
Chaque année la production d’Huile Alimentaire Usagée (HAU), s’élève à 200 000 tonnes.
Depuis 2012 elles ont pour obligation d’être collectées et revalorisées. Car libérées dans l’environnement, elles asphyxient les sols et les écosystèmes aquatiques, et versées dans l’évier elles colmatent les conduits et perturbent grandement nos stations d’épuration. Les huiles mettent un temps considérable à se dégrader car elles asphyxient les animaux et micro-organismes en charge de les dégrader.
Actuellement, leur voie principale de revalorisation est celle des biocarburants. On veut faire voler des avions avec ! Mais cette revalorisation n’est pas neutre pour autant. Bien qu’issues des plantes qui stockent du carbone, les huiles une fois transformer en biocarburant émettront moins 3kg de CO2 par rapport à du diesel mais libérera quand même du CO2.
Dans un monde où il est urgent de ralentir, voir de s’assoir et d’observer ce qui nous entoure, nous choisirons de nous inspirer de nos alleux et du cycle de la nature pour trouver une issue plus favorable à ces huiles : les transformer en savon ménager.
Au Brésil, la grand mère d’Alliny faisait déjà du savon avec ses fonds de poêle. Loin de là chimie verte industrielle d’aujourd’hui, ses produits n’en étaient pas moins efficaces, quoique, parfois légèrement caustiques.
On peut alors se demander en quoi cette voie de valorisation apporte un avantage.
Déjà, les savons sont fait de matière organique. Sans additif pétrochimique, le savon se dégrade rapidement grâce aux micro-organismes. Attention tout de meme, une eau savonneuse peut déséquilibrer un écosystème ponctuellement et nous precauniseront toujours de les faire passer par le réseau des stations d’épuration pour qu’elles puissent se dégrader entierement.
Ceci etant, quand le savon est utilisé et mélangé à la saleté, les molécules nettoyantes s’organisent en amas de matières mixtes. Et cette structure la se dégrade vraiment bien.
Ainsi, les résidus de savons ménagers, fabriqués avec de l’huile de friture, peuvent aisément intégrer le cycle du carbone à une étape où il sera grandement stocké grâce à la décomposition.
Vous voyez alors l’intérêt de cette voie de revalorisation ? Au lieu de brûler et de libérer du CO2, nous le stockons en grande partie.
Par ailleurs, la transformation des HAU en biocarburant nécessitent de grosses infrastructures et à l’heure actuelle la filière est déjà monopolisée par de grosses entités. Notre voie de valorisation, plus simple et entièrement à construire peut permettre de créer de l’activité partout sur le territoire, créant un maillage de recyclage local et vertueux.